Suite à mon regain d'envie de dessiner, je me suis bien entendu posé la question : dessiner, oui, mais quoi ?

Illustrer un univers qui n'est pas le mien m'a semblé être un bon exercice. Un univers qui, si possible, serait suffisamment riche pour que je m'amuse, et, surtout, qui différerait de ce que j'ai l'habitude de dessiner. Autrement dit, un univers qui ne soit ni mièvre ni rempli de "belles jeunes filles mélancoliques" ou de "beaux jeunes hommes mystérieux" (oui, j'étais ado à l'époque où je dessinais beaucoup, ça a laissé des traces... ahem).

Cet univers sera donc celui plein de poussière, de crasse, de sueur et de sang de l'excellent roman "La Compagnie Noire", de Glen Cook. Et comme il risque d'y avoir une tripotée de messages dans ces pages qui s'y réfèrera, je me dois de faire une petite présentation de cette saga, pour ceux qui ne connaîtraient pas. Avec un peu de chance, je vous donnerai envie de la lire...

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La Compagnie Noire

« Le Mal est relatif, annaliste. On ne peut pas lui mettre d’étiquette. On ne peut ni le toucher, ni le goûter, ni l’entailler avec une épée. Le Mal dépend de quel côté on se trouve, de quel côté on pointe son doigt accusateur. »


La Compagnie Noire (The Black Company, en VO), est une série de romans de fantasy de Glen Cook, parue en France tout d'abord aux éditions de l'Atalante, puis chez J'ai Lu.

J'ai adoré ces bouquins. Ils sont très bien écrits. L'histoire est noire, cynique à souhait, et détonne franchement dans le paysage habituel des romans de fantasy emplis de preux paladins, d'elfes, et de lutte-du-bien-contre-le-mal.

Car le monde de la compagnie noire est tout sauf manichéen : les héros sont une bande de mercenaires sans guère de scrupules, qui offrent leur science de la guerre au plus offrant. Autant dire qu'ils ne sont pas du genre à défendre la veuve et l'orphelin...
Cook a un passé militaire, et cela se sent. Le réalisme avec lequel il décrit la vie de ses laissés-pour-compte de héros, leur camaraderie vacharde, les stratégies militaires, les scènes de bataille ou de siège, tout dans la compagnie noire sent le vécu. Et ce n'est pas un peu de magie noire qui viendra effacer cette impression.


Les romans

La Compagnie Noire compte à ce jour 10 tomes :

  • 1 - La Compagnie Noire / The black company
  • 2 - Le Château noir / Shadows linger
  • 3 - La Rose Blanche / The White Rose
  • 4 - Jeux d'ombres / Shadow Games
  • 5 - Rêves d'acier / Dreams of Steel
  • 6 - La pointe d'argent / The Silver Spike
  • 7 - Saisons Funestes / Bleak Seasons
  • 8 - Elle est les ténèbres / She is the Darkness (2 tomes en VF)
  • 9 - L'eau dort / Water sleeps  (2 tomes en VF)
  • 10 - Soldats de pierre / Soldiers live (2 tomes en VF)

Outre son édition en poche, l'Atalante a également publié de beaux recueils d'intégrale contenant chacun 12 très belles illustrations de Didier Graffet, et qui est l'édition que j'ai lue (et qui accessoirement décorent cette note).

Je n'ai pour l'instant lu que les 8 premiers tomes, que j'ai tous dévorés avec une avidité égale, sauf peut-être le huitième (ma première réelle déception), et le premier, auquel j'ai eu du mal à accrocher : il faut passer le cap des 100 premières pages. Mais ça vaut vraiment le coup de s'accrocher, tant la suite est passionnante.

Il faut lire les livres dans l'ordre, ils suivent un ordre chronologique. Il y a plusieurs cycles : celui des Livres du nord (livres 1,2,3 et 6), les Livres du Sud (4,5 et 7), et les livres de la pierre scintillante (les suivants). Mes préférés sont les tomes 2 (le château noir), 4 (Jeux d'ombres) et 7 (saisons funestes), mais ce n'est qu'un avis personnel....

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Les annales de la Compagnie Noire

Le véritable héros de La Compagnie Noire, c'est la Compagnie elle-même. L'histoire se déroule sur plusieurs dizaines d'années, les personnages vont et viennent, prennent de l'âge, mais la Compagnie, elle, est toujours là. Qu'elle compte 7 ou 5000 membres, selon les aléas de son histoire...
La Compagnie a environ 500 ans lorsque l'histoire débute. 500 ans d'histoire scrupuleusement consignée au fil des générations par des annalistes soucieux de maintenir la continuité et la mémoire de l'armée qui leur sert de famille.

C'est une partie de ces annales que nous sommes amenés, en tant que lecteur, à lire. Cela donne son ton particulier au récit : l'annaliste écrit à la première personne, présente son point de vue sur les évènements, et s'il n'est pas là au moment d'un évènement important, tant pis, il ne le mentionnera qu'en deux lignes... alors qu'il pourra parler pendant des pages des parties de cartes qui l'occupent en attendant un peu d'action...
Chaque annaliste, car il y en aura plusieurs (5 au cours des 10 tomes), imprègne le récit de sa personnalité, et, coup de force de la part de Cook, de son style propre. Quand on lit un livre de Toubib, de Madame, de Casier ou de Murgen, on a vraiment l'impression qu'ils ont été écrits par des personnes différentes...

Les personnages

La Compagnie Noire, enfin, ce sont des personnages hauts en couleur, burinés, bourrés de défauts, mais ô combien attachants. Tous portent des surnoms : parce que quand on entre dans la Compagnie, on laisse son passé derrière soi. Et accessoirement parce que dans un monde empli de magie noire, un nom est une arme terrible s'il tombe dans les mauvaises mains. Ils se nomment Toubib, Qu'Un-Oeil, Corbeau, Silence, Gobelin, Chérie, La Dame, Volesprit, etc...

J'ai vraiment envie de coucher sur le papier l'image mentale que je me fais, en espérant réussir à capter leurs "trognes". Ce soir, si tout va bien, je devrais être en mesure de poster un croquis de Toubib... à suivre, donc !